 L'Association de la Presse Internationale (API) dénonce vigoureusement
les tentatives d'intimidation envers les porte-paroles de la Commission
européenne (et, par ce biais, des Commissaire européens eux-mêmes) auxquelles
s'est livré le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi.
Le gouvernement italien, par le biais de son Président du Conseil, n´est certes
pas le premier à essayer de juguler l'information pouvant être diffusée à
Bruxelles par les diverses institutions et organismes européens. Mais, c'est
assurément la première fois que cette ingérence est faite de façon si ouverte,
éclatante et intimidatrice.
Cette dénonciation n'a cependant rien de personnel ni de politique. Elle est
l'expression de la vigilance rigoureuse et constante de l'API à l'encontre de
toutes les manœuvres, directes ou subreptices, destinées à empêcher la
diffusion par les porte-paroles ou les représentants des Institutions
européennes d'informations jugées embarrassantes, parce que différant de la «
vérité officielle», par des autorités publiques nationales ou régionales.
Les journalistes accrédités auprès de ces Institutions, qui
entretiennent avec leurs porte-paroles, leurs fonctionnaires et leurs
dirigeants, en particulier avec les Commissaires européens, un rapport direct
et privilégié, basé sur une confiance et un respect mutuels, ne peuvent
aucunement admettre que ces relations soient remises en cause.
L´une des missions de l´API est de veiller à ce que les journalistes
bénéficient des meilleures conditions d´exercice de leur profession. Elle
assume pleinement son rôle en dénoncant ici publiquement le risque que les
portes-paroles de la Commission ou des autres institutions européennes, sous le
coup de telles intimidations, s´enferment, dans un souci excessif de prudence,
dans une politique de banalisation et de rétention des informations qui, non
seulement sont essentielles à l´accomplissement de leur métier, mais répondent
à un droit fondamental à une information libre et impartiale.
Accepter cette immixtion d'une autorité publique d'un Etat membre de l'Union
européenne dans la politique d'information des Institutions européennes
reviendrait à accepter que celles-ci soient contraintes à un exercice permanent
d'autocensure contraire à leur responsabilité démocratique.
Accepter cette immixtion reviendrait également à priver les journalistes
accrédités d'une source d'informations indépendante de leurs autorités
publiques nationales et, donc, priver les citoyens des Etats membres de
l'information libre et critique qui est un des fondements de la démocratie.
L'API est mobilisée afin de défendre avec détermination le droit des
journalistes accrédités et, pour ce faire, le droit des Institutions
européennes à leur livrer une information exempte de toute autocensure, dans le
cadre d'une politique de transparence seule à même d'assurer une meilleure
compréhension et la confiance des citoyens envers l'Union européenne.
A l´évidence, c'est l'exercice du droit à l'information, établi et reconnu par
l'article 11 de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne, qui
est mis en cause à travers les menaces proférées par le Président du Conseil
italien à l'encontre de la Commission européenne, des ses membres et de ses
fonctionnaires.
C´est dans cet esprit que l´API s´associe à l´action symbolique
de ce jour en marge du Conseil Européen extraordinaire, qui a été initiée par
un groupe de correspondants à Bruxelles et soutenue aussi par la Fédération
Internationale des Journalistes (FIJ/IFJ) ainsi que « Reporters sans Frontières
». L'action consiste dans la distribution aux journalistes d'un autocollant qui
reproduit l'art. 11 de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne.
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